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La Brouille |
Un spectacle du Théâtre du Chamboulé
D'après un album de Claude Boujon (l'école des Loisirs)
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février 2006
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La Brouille, préparatifs
et représentation à l'école française de
Pékin
(mardi 14 et mercredi 15
février)
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Depuis une petite semaine, Martine Dargent et Guillaume Cuq sont à Pékin pour y présenter le spectacle La Brouille, une pièce de théâtre en français pour les enfants de maternelle. |
Après deux jours consacrés à l'installation et aux repérages, les choses sérieuses ont commencé mardi avec les premières répétitions à l'école française. Il nous a fallu toute une journée pour venir à bout des préparatifs, car le décor devait être adapté : nous n'avons pas pu transporter en avion les structures en métal et en bois, uniquement les toiles et tissus. Il a également fallu que je me familiarise avec la régie, car j'ai été désignée responsable du son et de la lumière...
Ensuite, un des boitiers électriques sur la scène m'a explosé à la figure alors que je le manipulais : la frousse de ma vie! (je me demande encore si ma maladie n'a pas commencé à cet instant...) |
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Mais ces conditions un peu particulières ne
nous ont pas empéché de venir à bout du montage!
Nous étions donc fin prêts mercredi matin, pour deux représentations
devant les enfants de l'école française (depuis les petites
sections de matrenelle jusqu'au CP). Il faut souligner les capacités
d'adaptation de Christine, à l'origine simple spectatrice, qui
a repris la régie son et lumière en catastrophe suite
à ma désertion...
Les enfants ont beaucoup aimé le spectacle (les
adultes aussi d'ailleurs!) et ont beaucoup ri. Nous avons pu discuter
avec eux après chaque représentation, pour répondre
à leurs questions. Ils ont notamment été très
intrigués par le théâtre d'ombre, dont nous leur
avons montré les marionnettes.
Les enfants vont réaliser en classe des dessins
et des comptes-rendus du spectacle, que nous pourrons ramener avec nous
en France.
Plusieurs élèves du Lycée Français de Pékin
sont également venus voir les répétitions et les
représentations de la Brouille. Ces élèves sont
en Option Théâtre et sont donc très intéressés
par toutes les représentations en français. Nous les avons
également retrouvés jeudi soir pour une heure de discussion
autour du spectacle, qui a permis de constater que les histoires de
lapins, de carottes et de renards ne font pas rire que les enfants!
Hier et ce matin, nous avons joué devant des
enfants chinois, deux belles représentations - et deux expériences
fortes pour toute l'équipe. C'est Guillaume et Martine qui vous
le raconteront dès demain. Quand à moi, j'ajouterai quelques
photos de ces journées.
Demain matin, Aurélie (l'administratrice de
tchin-tchine) nous rejoint pour la fin de la tournée (deux représentations
dans une école chinoise), et elle vous donnera sans doute des
nouvelles...
Fanny Valembois |
Représentation à l'orphelinat de Shunyi
(jeudi 16 février)
Partis très tôt le matin avec deux taxis qui acceptent bon gré mal gré de prendre nos décors, nous avons rendez-vous avec Keith et son minibus, un bénévole de l’orphelinat qui répare les fauteuis roulants. Il a lui-même créé avec sa femme une structure familiale d’accueil d’orphelins chinois. Ils ont adopté quatre enfants et ont quitté l’Ohio pour vivre dans le pays natal des enfants.
Arrivés à l’orphelinat, situé à l’extérieur de Pékin, nous sommes pris à la gorge par une odeur mélangée d’urine et de produits d’entretien. Un très grand couloir, vitré d’un côté et donnant sur la cour sert visiblement de salle de jeu. Des bébés vadrouillent dans des trotte-bébés, sans autre surveillance que celle d’enfants plus âgés. Nous rencontrons la directrice de l’orphelinat, les Ayi (assis-tantes maternelles), et des bénévoles, dames américaines chrétiennes.
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On nous montre la salle, nous devons jouer à 10h car les enfants déjeunent à 11h puis vont faire la sieste.
Les trois pieds et le projecteur prétés par le lycée français nous sont d’un grand secours. Nous installons la toile des « terriers » sur trois tables de la salle, sautons dans nos costumes, vérifions le volume du poste prété par des amis et le spectacle commence. Fanny raconte l’histoire à une bénévole chinoise, qui fait un résumé très succint mais efficace aux enfants.
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Nous sommes tout de suite rassuré, les réactions des enfants
sont exactement les mêmes qu’en France. Nous osons des «
ni hao » à la place des bonjours.
Petits et grands sont captivés, tant par le jeu que par la musique,
rient abondamment, pour notre plus grand bonheur.
Après la représentation, nous sommes abreuvés de
remerciements. Les enfants sont passionnés par les dessins des
enfants de Blagnac et surtout par les photos de classe. Nous feuilletons
le petit livre des dizaines de fois.
Ces contacts très vivants avec les enfants nous aident à
contenir l’émotion que nous suscite le lieu.
Une quinzaine de bébés sont mis à la sieste dans
une même pièce, attenante au couloir-salle de jeu où
nous nous trouvons.Certains pleurent, en réveillant d’autres
déjà endormis. Nous entrons, espérant rassurer
par un sourire.
Un moment vraiment très fort que nous sommes heureux d’avoir
partagé avec les enfants. Cet orphelinat accueille des enfants
atteints de trisomie et de myopathie.
La souffrance et le bonheur se cotoient dans ce lieu à chaque
instant. Nous repartons heureux et épuisés.
Martine Dargent
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Représentation
à Sun Village
(vendredi 17 février)
Le chauffeur d’un cadre haut-placé d’Airbus
vient nous chercher à l’hôtel, toujours avec nos
décors, pour nous conduire à Sun Village, où nous
devons jouer. Ce centre accueille des enfants dont les parents sont
en prison.
Nous nous abandonnons au confort de l’excellente voiture et à
la conduite sans heurt du chauffeur, ce qui change du tout au tout par
rapport à nos taxis quotidiens.
Arrivés sur place, il n’est plus question d’abandon
ni de confort. Malgrè les peintures aux couleurs vives des bâtiments,
nous sentons aussitôt l’athmosphère spartiate du
centre. Un enfant de neuf ans vient d’arriver, un petit garçon
très réservé qui a l’air complètement
perdu.
Nous avons tous un noeud dans la gorge...
Dans le réfectoire où l’on nous conduit, tous les
enfants, cinquante peut être, sont regroupés dans un ordre
irréprochable, en rangs serrés, par ordre de taille. Sous
la conduite d’une surveillante presque aussi jeune que les plus
âgés d’entre eux, les enfants scandent en criant
une série de phrases-slogans. Fanny nous traduira plus tard :
merci au gouvernement de nous accueillir ici, etc...
Nos yeux ne peuvent se détacher du petit nouveau qu’on
a poussé près du groupe et qui retient courageusement
ses larmes.
Dans cette ambiance para-militaire, on trouve aussi, contre toute attente,
des bribes de douceur et d’attention, éclairs de rire dans
les yeux des enfants. C’est un peu la même chose pour le
repas. Préparé dans une cuisine très sale, la soupe
légumes-pâtes est finalement délicieuse.
Après le repas, nous rejoignons la salle glacée où
nous avons monté le décor.
En début de représentation, les enfants reçoivent
la consigne de ne pas bouger, de ne pas parler... la séance s’est
donc déroulée dnas le calme absolu, brisé parfois
apr des rires que les plus petits n’ont pas pu retenir.
A la fin du spectacle, tout le monde a été mis dehors
en deux minutes, et nous n’avons pas échangé davantage.
Cependant, faire rire les enfants et avoir sur nous ces regards heureux
de cette diversion a été une récompense bien suffisante.
Martine Dargent
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Dernière représentation:
école primaire chinoise jumelée avec l'école française
(mardi 21 février)
Réveillés à 6h du matin, la dernière journée de la Brouille en Chine sera longue...
Nous arrivons dès 8h après avoir réussi à convraincre deux taxis peu sympathiques de nous transporter ainsi que nos décors. Nous arrivons dans cette école-pilote où certains enfants apprenent des langues étrangères, d’autres la photographie. |
Nous nous installons dans une salle à gradins pliables. Les sièges
sont nombreux, les enfants le seront aussi : plus de 150 paires d’yeux
se braquent sur Martine et Guillaume quand ils sortent de leur terrier.
La suite n’est que bruyants et joyeux éclats de rire. Nos
lapins sont obligés de lever la voix, mais qu’importe,
cette dernière représentation nous remplit tous de joie.
L’humour est bel et bien international : Martine m’assure
que les mêmes scènes font rire les enfants d’ici
et d’ailleurs...

Aurélie Croiziers |

Le reste de la journée sera bien rempli : entre un canard laqué (spécialité pékinoise) à midi et des grillades coréenne le soir, Martine et Guillaume auront le temps de faire leur dernier tour de shopping et de boucler leur valise ! |